Verke Editorial

Crises de colère du tout-petit sans crier : rester calme quand ton enfant n'y arrive pas

Verke Editorial ·

Il est dix-sept heures dix. Tu as coupé la tartine en carrés. Il aurait fallu des triangles, ou il ne fallait pas la couper du tout, ou ce n'était pas la bonne assiette — tu ne le sauras jamais, parce que ton enfant de deux ans est maintenant à plat ventre sur le sol de la cuisine, en train de produire un son dont tu ignorais qu'une si petite personne pouvait le produire. Tu es debout depuis cinq heures et demie. Il y a une casserole sur le feu. Et tu le sens monter en toi aussi : la chaleur dans la poitrine, la mâchoire serrée, la phrase qui commence à se former et qui démarre par bon sang.

La plupart des conseils sur les crises portent sur l'enfant : le distraire, lui proposer des choix, aménager un coin calme. Certains sont très bien. Mais si tu as cherché comment gérer les crises sans crier, tu sais déjà que l'enfant n'est pas le seul dans la pièce à avoir du mal à se réguler. Ce qui déraille sans arrêt, ce sont les quatre-vingt-dix secondes pendant lesquelles ton propre système nerveux décide qu'il s'agit d'une urgence.

Cet article parle de ces quatre-vingt-dix secondes. Il explique ce qu'est réellement une crise à cet âge, pourquoi ton calme est le seul vrai levier dont tu disposes, une marche à suivre pour l'instant même, quoi faire quand ça arrive au supermarché, et comment réparer les jours où tu as crié quand même — parce qu'il y en aura. Il indique aussi où passe la limite entre des crises ordinaires et quelque chose qui mérite d'être évoqué avec ton pédiatre.

L'idée

Ce qu'est vraiment une crise

Un tout-petit, c'est quelqu'un qui a des émotions de taille adulte et presque aucun des outils pour les gérer. Le désir, lui, est complet : il veut le gobelet bleu avec une intensité que tu réserves à très peu de choses dans ta vie d'adulte. Ce qui manque, c'est tout ce qui permet à un adulte de survivre au fait de ne pas avoir le gobelet bleu — la notion du temps (« tout à l'heure » ne veut encore rien dire), les mots pour nommer ce qui se passe à l'intérieur, et cette partie avant du cerveau, lente à mûrir, qui freine l'impulsion. Cette partie-là est en chantier pour les vingt prochaines années environ. À deux ans, il n'y a qu'un échafaudage et un panneau bientôt disponible.

Le psychiatre Dan Siegel a une image pour ce qui se passe ensuite : l'enfant pète un câble. La partie pensante du cerveau se met hors ligne et le système d'alarme prend les commandes. C'est pour ça que raisonner un enfant en pleine crise ne sert à rien, et qu'on a l'impression qu'il ne t'entend même pas. D'une certaine façon, c'est vrai. La partie à laquelle tu t'adresses a quitté les lieux et reviendra dans quelques minutes.

Deux choses en découlent, et les deux soulagent une fois qu'elles font leur chemin. La première : une crise n'est pas de la manipulation. Manipuler suppose de planifier, et c'est précisément la planification qui est hors service. Un enfant de trois ans finira sans doute par apprendre que hurler produit parfois des biscuits, mais la tempête elle-même n'est pas une stratégie. C'est un petit système nerveux qui déborde.

La seconde, c'est qu'une crise n'est pas un verdict sur ta façon d'élever ton enfant. Chez la plupart des enfants, les crises culminent entre deux et trois ans, quel que soit leur tempérament, avec des parents doux comme avec des parents stricts. Beaucoup de langues ont un nom pour cette période entière — l'âge du non, les terrible twos — précisément parce qu'elle arrive à l'heure quoi que tu fasses. Ton enfant ne fait pas des crises parce que tu as mal fait quelque chose. Il fait des crises parce qu'il a deux ans.

Le levier

Pourquoi ton système nerveux est le seul sur lequel tu peux agir

Les tout-petits ne se calment pas tout seuls. Ils se calment avec quelqu'un. Les psychologues du développement appellent ça la corégulation : l'enfant emprunte le calme de l'adulte à côté de lui — la voix lente, le corps sans précipitation, le visage qui ne s'affole pas — et son propre système s'aligne dessus. Au fil de milliers de répétitions, sur des années, cet emprunt devient une compétence qui lui appartient. L'autorégulation, c'est la corégulation intériorisée.

Le problème, c'est que le processus marche dans les deux sens. Un enfant qui hurle est l'un des signaux d'alarme les plus efficaces que la nature ait conçus, et il te vise directement. Ton rythme cardiaque grimpe, ton audition se rétrécit, ton corps se prépare à affronter quelque chose. Si tu élèves alors la voix, le système d'alarme de l'enfant enregistre un adulte grand, fort et en colère comme une preuve supplémentaire que la situation est très grave — et il monte encore d'un cran. Résultat : deux personnes qui pètent un câble dans la cuisine, dont une seule a deux ans.

C'est pour ça que crier ne marche pas, même selon sa propre logique. Ça produit parfois le silence, mais c'est le silence d'un enfant effrayé, pas d'un enfant apaisé, et la crise revient en général plus vite et plus fort. C'est aussi pour ça que tu continues de le faire. Crier n'est pas une décision éducative. C'est ce que fait un système nerveux adulte en surcharge après cinq heures de sommeil, sans déjeuner, quand une sirène lui tombe dessus. Notre article sur pourquoi tu cries sans arrêt sur tes enfants détaille ce mécanisme. Celui-ci en est le pendant pratique, pour les années tout-petit.

D'où ce constat, aussi honnête que soulageant : tu ne peux pas contrôler la crise, et tu n'as pas à le faire. Pendant une crise, ton rôle n'est pas d'y mettre fin. C'est d'être la seule personne régulée dans la pièce, jusqu'à ce qu'elle s'arrête d'elle-même. Tout ce qui suit sert cet objectif.

Avant le moment

Repère ce qui te fait vraiment sortir de tes gonds

C'est rarement la crise toute seule. Si tu repenses aux dernières fois où tu as crié, il y a presque toujours un deuxième ingrédient, et c'est presque toujours le même. Pour certains parents, c'est la pression du temps : la crise devant la porte à 7 h 52 alors que la crèche, c'est à 8 h. Pour d'autres, c'est le public : une belle-mère, une file d'attente, un ou une partenaire dont le silence pèse comme un jugement. Pour d'autres encore, c'est le bruit lui-même, ou le fait d'être touché après une journée à servir d'arbre à grimper. Et pour beaucoup, c'est une pensée qui surgit au milieu des hurlements — je n'y arrive pas, ou il le fait exprès, ou mes parents n'auraient jamais laissé passer ça — et le moment bruyant devient une menace pour ce que tu es.

Le bilan de deux minutes, une fois l'enfant couché

  1. Repense à la dernière fois où tu as craqué. Une fois précise, pas « tout le temps ».
  2. Dans quel état était ton corps avant que ça commence ? Sommeil, nourriture, dernière fois que tu as eu cinq minutes rien qu'à toi.
  3. Quel était le deuxième ingrédient ? L'heure, le public, le bruit, le désordre, le partenaire qui ne donnait pas un coup de main.
  4. Quelle phrase te passait par la tête juste avant de crier ? Écris-la mot pour mot.
  5. De quoi avais-tu besoin à ce moment-là ? Pas ce que l'enfant aurait dû faire : ce dont toi tu avais besoin. De l'aide, du silence, dix minutes de plus, quelqu'un pour te dire que tu t'en sors bien.

Fais-le trois fois et un schéma apparaît. Ce schéma est utile, parce qu'on peut déplacer la plupart de ses éléments. Tu ne peux pas retirer les crises d'un mardi, mais tu peux partir dix minutes plus tôt, manger un truc à seize heures, ou décider avec ton ou ta partenaire qui prend le créneau de dix-sept heures. La colère pointe presque toujours vers un besoin, et notre article sur ce que la colère essaie vraiment de te dire explique comment le décoder.

Tu ne peux pas empêcher la crise. Tu peux changer ce qui se passe en toi quand elle démarre — Marie t'aide à repérer le déclencheur et à répéter ce soir le moment critique de demain.

Sans inscription, sans mail, sans leçon de parentalité. Ouvre l'app une fois les enfants couchés, raconte à Marie ce qui s'est passé à dix-sept heures dix, et pars de là.

Reparler de la crise du jour avec Marie →

Sur le moment

L'ordre : toi d'abord, lui ensuite

L'ordre compte plus que les mots. Tous les scripts pour parler à un tout-petit en crise échouent s'ils sortent les dents serrées, parce que l'enfant lit ton corps bien avant tes paroles. Les trois premières étapes te concernent donc toi, et prennent une dizaine de secondes en tout.

Six étapes, dans cet ordre

  1. Vérifie la sécurité, et rien d'autre. Éloigne la casserole brûlante, l'angle pointu, le frère ou la sœur. Si personne ne peut se blesser, plus rien n'est urgent. Une crise n'a pas de délai à tenir.
  2. Une longue expiration. Expire plus longtemps que tu n'inspires, épaules relâchées, mâchoire desserrée. Ce n'est pas un exercice de relaxation : c'est le frein physique le plus rapide dont dispose ton corps.
  3. Une phrase, pour toi. « Ce n'est pas une urgence. » Ou : « Elle ne me fait pas passer un mauvais moment, elle en traverse un. » Choisis-la à l'avance, pour ne pas avoir à l'inventer en pleine tempête.
  4. Descends et rapproche-toi. Assieds-toi par terre, un peu à l'écart. Un grand adulte debout au-dessus d'un petit enfant, c'est un signal de menace ; un adulte assis par terre, non. Certains enfants veulent qu'on les prenne dans les bras, d'autres ne supportent aucun contact en plein orage — propose, puis laisse-les guider.
  5. Parle très peu, et lentement. Nomme ce qui se passe et tiens la limite dans le même souffle : « Tu voulais le gobelet bleu. Le gobelet bleu est au lave-vaisselle. Je suis là. » Puis arrête de parler. Pas d'explications, pas de questions, pas de négociation. À cet instant, les mots sont du carburant.
  6. Attendre. C'est la partie difficile, et c'est là qu'est le vrai travail. La tempête culmine puis retombe d'elle-même, en général en quelques minutes, souvent en finissant par des pleurs qui sonnent différemment — plus doux, plus tristes — et un enfant qui veut maintenant un câlin. C'est le couvercle qui se remet en place.

Remarque ce qui ne figure pas sur la liste : céder, et punir. La limite reste où elle était — le gobelet est toujours au lavage — et les émotions face à la limite ont le droit d'exister. Tenir les deux en même temps, c'est là toute la compétence. Un enfant qui apprend qu'on survit aux grosses émotions et que les limites sont stables, c'est un enfant dont les crises s'espacent.

Après, une fois que tout le monde est calme, limite le débriefing à une ou deux phrases. « C'était une grosse émotion. Tu étais très triste à cause du gobelet. C'est fini maintenant. » Les tout-petits n'ont pas besoin d'une leçon. Ils ont besoin de vivre, des centaines de fois, la même expérience : l'orage est venu, quelqu'un est resté là, et le monde était toujours debout après.

Et si tu sens que l'étape deux ne tient pas — que la respiration n'a rien changé et que le cri arrive — tu as le droit de partir. Assure-toi que l'enfant ne risque rien, dis « J'ai besoin d'une minute, je reviens », et va te poster dans le couloir soixante secondes. Un parent qui s'éloigne et revient calme fait un bien meilleur travail que celui qui reste et explose. Ce n'est pas de l'abandon. C'est exactement la version adulte de ce que tu essaies de transmettre.

La version difficile

Par terre au supermarché

Une crise à la maison, c'est fatigant. Une crise au rayon sept, c'est autre chose : il y a du public, et pour la plupart des parents, c'est le public qui déclenche tout. L'enfant fait exactement ce qu'il fait à la maison. Ce qui a changé, c'est la phrase qui tourne dans ta tête : tout le monde ici se dit que je suis un mauvais parent.

Ça aide d'être lucide sur ce public. La plupart des gens dans le magasin ont eu un tout-petit, ou en ont côtoyé un, et ce qu'ils ressentent tient de la sympathie mêlée au soulagement que ce ne soit pas leur tour aujourd'hui. Quelques-uns jugent. Tu ne les reverras jamais. Ton enfant, lui, gardera dans son corps le souvenir de la façon dont tu étais avec lui quand tout s'est effondré dans un endroit lumineux, bruyant et écrasant. C'est pour la personne par terre que tu fais ce que tu fais, pas pour celles dans la file.

Un plan que tu décides avant de sortir de chez toi

  1. Mêmes premiers gestes : la sécurité, l'expiration, ta phrase. Ajoute-en une pour les lieux publics : « Je m'occupe de mon enfant, pas des gens du magasin. »
  2. Baisse le volume d'informations. Un magasin, c'est bruyant, éclairé violemment et rempli de choses qu'on ne peut pas avoir. Si tu peux, prends calmement ton enfant dans les bras ou accompagne-le vers un endroit plus tranquille : l'entrée, la voiture, un coin à l'écart. Ce n'est pas une punition, et dis-le : « On va au calme le temps que ça passe. »
  3. Autorise-toi à abandonner le chariot. Décide-le à l'avance. Rien de ce qu'il contient ne compte autant qu'il n'y paraît sur le moment, et savoir que tu peux partir enlève la moitié de la pression qui te fait crier.
  4. N'achète pas la paix. Si la crise porte sur les bonbons de la caisse, les bonbons restent à la caisse. Sois tendre avec l'émotion et ennuyeux avec la limite.
  5. Garde une phrase toute prête pour les regards, surtout pour toi : « On traverse un moment difficile, tout va bien. » La dire à voix haute signale à ton propre système nerveux que c'est toi qui tiens la barre.

La prévention n'a rien de spectaculaire, et ça marche : faire les courses après le goûter et la sieste plutôt qu'avant, des sorties courtes, un rôle confié à l'enfant (« c'est toi qui tiens la liste ») et une annonce claire, avant d'entrer, de ce qu'on achètera et de ce qu'on n'achètera pas. Rien de tout ça ne garantit quoi que ce soit. Ça déplace les probabilités — et avec un enfant de deux ans, personne n'obtient mieux.

Après

Quand tu as crié quand même : réparer

Ça arrivera. Pas parce que tu as mal lu, mais parce que tu es une personne au système nerveux limité qui élève un jeune enfant, et que certains jours la marge a disparu avant le petit-déjeuner. La recherche sur la relation parent-enfant est constante sur un point que les parents ont du mal à croire : ce qui compte, ce n'est pas l'absence de ruptures, mais la présence de réparation. Les parents « suffisamment bons » se trompent régulièrement. Ce qui les distingue, c'est qu'ils reviennent.

Réparer en quatre phrases

  1. Attends d'être vraiment calme. Une réparation faite encore en colère, c'est une deuxième réprimande.
  2. Mets-toi à sa hauteur et dis ce qui s'est passé, simplement : « J'ai crié. C'était fort et ça t'a fait peur. »
  3. Enlève-lui ce poids : « Ce n'était pas ta faute. Les grands aussi ont de grandes émotions, et c'est à moi de gérer les miennes. »
  4. Excuse-toi et renoue le lien : « Je suis désolé·e. Je t'aime. On lit le livre ? » Pas de « mais tu dois comprendre ». Une excuse est complète sans « mais ».

Un enfant de deux ans ne suivra pas chaque mot. Il suivra le ton, le fait que tu sois à sa hauteur, et le fait que le grand soit revenu tout doux. C'est ça, la leçon — et c'est l'une des plus précieuses qu'un enfant puisse recevoir : les liens survivent aux mauvais moments, et les gens qui te blessent peuvent réparer.

Puis vient la partie que personne ne voit : le soir. La maison est silencieuse, et le film recommence. Tu revois son visage au moment où tu as crié. Tu décides que tu es le genre de parent que tu t'étais juré de ne jamais être. Cette honte ressemble à une manière d'assumer, mais elle n'en remplit pas la fonction. Elle sert de carburant. Un parent qui se couche en se détestant se réveille avec moins de marge, pas plus — et c'est exactement ce manque de marge qui produira le cri de demain. Le cycle carbure à l'autopunition.

La sortie, ce n'est pas de te trouver des excuses. C'est de te parler comme tu parlerais à un ami qui t'appelle en pleurs après le même après-midi : c'était une journée difficile, tu as réparé, qu'est-ce qui rendrait demain cinq pour cent plus facile ? Notre article sur comment arrêter d'être si dur avec toi-même aborde cette pratique. Ce n'est pas un luxe de parent. C'est l'entretien du seul appareil dont dépend la régulation de ton enfant.

La semaine autour

Élargir ta propre marge

Rester calme à 17 h 10 se joue en grande partie avant 17 h 10. Un parent qui a dormi, mangé et eu vingt minutes à lui encaisse une crise qui, un jour à sec, l'aurait fait exploser. Rien à voir avec le « prendre soin de soi » version bougie parfumée. C'est de l'arithmétique : ta fenêtre de tolérance a une largeur, et cette largeur dépend de choses parfaitement banales.

  • Repère l'heure critique. La plupart des familles en ont une — l'heure avant le dîner, le départ le matin — et c'est là que se concentrent les cris. Baisse toutes les autres exigences pendant cette heure-là. Le dîner peut être plus simple. Le téléphone peut rester dans une autre pièce.
  • Mange avant l'heure critique. Un adulte en hypoglycémie a à peu près la tolérance à la frustration d'un enfant de deux ans.
  • Si vous êtes deux, partagez explicitement l'heure difficile au lieu de la faire à moitié tous les deux. Convenez d'un mot de passation qui veut dire « je suis à bout, prends le relais » — et convenez qu'utiliser ce mot est une réussite, pas un échec.
  • Si tu es seul·e, la minute dans le couloir est ta passation. Intègre-la sans culpabilité.
  • Demande la chose précise. « J'ai besoin que tu t'occupes du bain le mardi et le jeudi » ne produit pas du tout le même effet que « tu n'aides jamais ».

Ce dernier point est une compétence à part entière, et le ressentiment entre deux partenaires épuisés fait partie des ingrédients cachés les plus fréquents des cris parentaux. Si cette conversation tourne systématiquement à la dispute, notre guide sur comment dire ce dont tu as besoin sans déclencher une dispute détaille la façon de le formuler.

Limites honnêtes

Quand ce ne sont plus seulement des crises

Tout ce qui précède décrit des crises ordinaires dans la tranche d'âge ordinaire, ce à quoi la grande majorité des parents inquiets ont affaire. Cet article ne peut pas évaluer ton enfant, et un coach non plus. Mais certains signes méritent d'être évoqués avec ton pédiatre, ton médecin traitant ou la PMI — non pas parce qu'ils indiquent un problème, mais parce que ce sont précisément les questions auxquelles ces professionnels sont là pour répondre :

  • Ton enfant se fait régulièrement mal pendant ses crises — il se cogne la tête, il se mord — ou il retient sa respiration jusqu'à perdre connaissance.
  • Les crises deviennent plus fréquentes ou plus intenses après quatre ans, au lieu de s'espacer.
  • Ton enfant a perdu des acquis : des mots, la propreté, l'intérêt pour les autres.
  • Les crises durent régulièrement bien plus que quelques minutes, et personne n'arrive à consoler ton enfant ensuite.
  • Ton intuition te dit que quelque chose est différent. Les parents ont souvent raison, et poser la question ne coûte rien.

Il y a aussi une limite de ton côté. Si tu as peur de ce que tu pourrais faire en colère, si tu as attrapé, secoué ou frappé, ou si l'épuisement a basculé dans un vide ou un désespoir qui ne se lève pas, parles-en maintenant plutôt que plus tard à ton médecin traitant, à la PMI ou à une ligne d'écoute parentale (Allo Parents en crise, 0 805 382 300, gratuit). Demander de l'aide à ce moment-là, c'est ce que font les parents responsables. Ce n'est pas un aveu. Et un bébé ou un tout-petit ne doit jamais être secoué, aussi désespéré soit l'instant : pose-le dans un endroit sûr, éloigne-toi, et appelle quelqu'un.

La place du coaching

Travailler sur ta moitié du moment

Personne ne peut coacher un enfant de deux ans pour qu'il arrête d'avoir deux ans. Ce que le coaching peut faire, c'est travailler sur la moitié de la crise qui t'appartient : le déclencheur, la phrase dans ta tête, le besoin sous la colère, et les mots que tu aurais aimé trouver. C'est le terrain de la Communication NonViolente (CNV), qui part de l'idée que chaque explosion — celle de l'enfant comme la tienne — est l'expression maladroite d'un besoin non satisfait. Notre page sur la méthode CNV explique la démarche.

Marie, la coach relations de Verke, travaille comme ça. Tu lui racontes une explosion précise — la tartine, les chaussures, le siège auto — et elle t'aide à séparer ce qui s'est passé de l'histoire que tu t'es racontée dessus, à trouver ce dont tu avais besoin à cet instant, et à répéter la version calme du moment critique de demain avant qu'il n'arrive. Elle se souvient de ce que tu lui as dit, donc la semaine suivante tu construis sur la dernière conversation au lieu de repartir de zéro. Tu peux écrire, ou parler à la voix si tu as les mains prises. Et pour la honte qui remonte une fois les enfants couchés, Amanda, la coach de Verke axée sur l'autocompassion, travaille exactement sur cette boucle. Toutes les deux sont là à n'importe quelle heure, y compris celle où la maison est enfin silencieuse.

Répéter ce soir le moment difficile de demain

Raconte à Marie la dernière fois où ça a dérapé. Elle travaille comme cet article : le déclencheur, la phrase dans ta tête, la réparation — et elle se souvient d'où vous en étiez restés. Pas besoin de compte pour commencer, et aucun jugement sur la façon dont la journée s'est passée.

Raconte à Marie ce qui s'est passé — sans créer de compte

FAQ

Questions fréquentes

À quel âge commencent et s'arrêtent les crises des tout-petits ?

Elles commencent en général après le premier anniversaire, culminent entre deux et trois ans, puis s'espacent au cours de la quatrième année, à mesure que le langage et le contrôle de soi rattrapent la taille des émotions. L'éventail est large. Certains enfants en font à peine, d'autres plusieurs par jour pendant un an, et les deux sont dans la normale. Ce qui compte, ce n'est pas le nombre mais la direction : des crises qui deviennent plus rares et plus courtes de mois en mois, c'est bon signe, même si cette semaine a été atroce.

Faut-il ignorer une crise ?

Ignore le comportement si tu veux, mais pas l'enfant. S'éloigner d'un tout jeune enfant en pleine crise a plutôt tendance à faire durer l'orage, parce que ce qu'il a perdu, c'est justement la capacité de se calmer seul. Ce qui marche mieux : rester près, parler très peu, veiller à ce que personne ne se blesse, et ne rien négocier tant que ce n'est pas passé. Tu ne récompenses pas la crise en étant là. Tu prêtes un système nerveux calme à quelqu'un qui n'en a pas encore un à lui.

Comment rester calme quand mon tout-petit hurle ?

En commençant par ton propre corps. Un enfant qui hurle déclenche une vraie réaction d'alarme chez un adulte, et aucune technique parentale n'y résiste. Relâche les épaules, expire plus longtemps que tu n'inspires, descends au niveau du sol, et dis-toi une phrase courte, du genre : ce n'est pas une urgence. Ça prend une dizaine de secondes et c'est là toute l'intervention. Tout ce que tu diras ensuite à l'enfant fonctionnera mieux grâce à ça.

J'ai crié sur mon tout-petit. Est-ce que je l'ai abîmé ?

Un mauvais moment n'abîme pas un enfant. Ce qui façonne les enfants, c'est le schéma d'ensemble, et la partie la plus protectrice de ce schéma, c'est la réparation : revenir une fois que tu es calme, te mettre à sa hauteur, et dire que tu as crié, que ce n'était pas sa faute, et que tu es désolé·e. Un enfant qui voit un parent perdre son sang-froid puis réparer apprend quelque chose de précieux sur les liens. Si les cris sont fréquents et que tu n'arrives pas à les arrêter, ça vaut la peine d'y travailler, autant pour toi que pour lui.

Un coach IA peut-il aider face aux crises des tout-petits ?

Sur ta part à toi, oui. Le développement de l'enfant suit son cours ; ce que tu peux changer, c'est ta propre réaction : ce qui te fait sortir de tes gonds, ce que tu te dis sur le moment, et la façon dont tu répares ensuite. Marie, la coach de Verke, t'aide à décortiquer un pétage de plombs précis, à trouver le besoin caché sous la colère et à répéter le moment critique de demain avant qu'il arrive. C'est du coaching pour le parent, pas une évaluation de l'enfant. Si le développement de ton enfant t'inquiète, cette question-là est à poser à ton pédiatre ou à la PMI.

Verke fournit du coaching, pas une thérapie ni un soin médical. Les résultats varient selon les personnes. Si tu es en crise, appelle le 988 (France), 116 123 (UK/UE, Samaritans), ou les services d'urgence locaux. Rends-toi sur findahelpline.com pour des ressources internationales.